Super 8

4/5

 

Toute l'histoire se déroule dans une ville perdue des Etats-Unis. Un groupe de gamins décide de faire un film de zombies. Chacun a son rôle, comme des pros : le chef de prod, le maquilleur, le réalisateur, les acteurs et la Super 8. Une nuit, ils décident de tourner près des rails pour avoir l'effet du train qui passe ultra vite derrière et pour ajouter des effets à leur film. Sauf que, ce soir là, le train déraille et engendre un feu, la mort d'un homme et un enorme danger qui va roder sur la ville tout le long du film. 

L'hommage à Spielberg est très réussi. J.J Abrams le spécialiste de la série et de la nouvelle fiction réussi son défi et fait plaisir. La place de la fiction est toujours la même chez lui. Le spectateur sait très bien que rien de tout cela n'est possible, mais y croit pendant 2h. Rares sont les realisateurs qui savent faire ça. Surtout sur moi. J'ai tendance à vite me dire "Allez c'est bon, c'est pas possible, on n'y croit pas une seule seconde", comme dans Kaboom par exemple. Bref, on est emballés comme pour le Goonies, Jurassik Park... Evidemment ces références ne sont pas choisies au hasard, vous l'aurez compris. J'en rajoute encore un peu, les effets spéciaux et les sons sont juste parfaits ! On attend les Oscars, mais je parie qu'ils vont gagner l'un des deux prix (ou les deux). Si Inception a eu le prix du meilleur son, Super 8 peut l'avoir. Non? 

 

Le jeu des acteurs : Faire jouer des enfants c'est une bonne technique. Et oui, si le jeu est moyen, on ne leur en voudra pas, si le jeu est nul, on dira "Peut être que dans quelques années ils seront bien meilleurs. Et puis ils sont quand même dans un film de science fiction, c'est dure d'être crédible". Et s'ils sont bons, on les transforme en "Révélations". Là, ils sont bons ! Enfin, assez pour nous emporter. La vraie preuve de ce que j"entreprends c'est la scène où ils sont sur la cabane près du chemin de fer. Ils sont époustoufflés par le talent de la fille qui les suit dans leur délire dangereux, on est époustoufflés par ces petits qui savent reconnaitre le bon jeu d'acteur au mauvais.

 

Les critiques :

1. Les Cahiers du Cinéma...

... lui réserve l'exclusivité : Couverture + 10 pages consacrées aux interviews + 2 doubles pages sur l'esthétique du l'analyse du film

2. Filmosphère.com

"S’il faut reconnaître un vrai à talent à J.J. Abrams, c’est bien celui de créateur et de chauffeur de buzz ultra efficace. Il a beau de pas avoir porté ses créations très longtemps, les séries TV Alias et Lost sont de franches réussites, le très attendu Cloverfield n’a pas déçu, proposant un film de monstre magnifique et un mockumentary absolument brillant. En tant que metteur en scène et scénariste il était encore difficile à juger. Il n’avait pas écrit ses deux premiers films et si Mission: impossible III ressemblait surtout à un long épisode d’Alias avec Ethan Hunt en héros, son Star Trek proposait de très belles choses. Pour Super 8 il a su créer une nouvelle attente, longue et dont l’intérêt n’a paradoxalement jamais baissé. En un sens, J.J. Abrams possède de réels atomes crochus avec les réalisateurs producteurs venus balayer le nouvel Hollywood, Steven Spielberg et George Lucas en tête. Il est un businessman efficace, qui sait faire du chiffre. Sauf qu’il est encore loin d’avoir le talent de Steven Spielberg, à qui il souhaite ici rendre hommage. Un hommage maladroit pour un film qui l’est tout autant, ne sachant jamais vraiment vers quel public il se tourne, les enfants d’aujourd’hui ou ceux des années 80?

Pourtant, il faut bien avouer que dans l’ensemble Super 8 est plutôt bon. Bien construit sur des recettes ayant fait leurs preuves par le passé, le film s’impose comme un divertissement de qualité qui risque bien de marquer nos chères têtes blondes comme le fit si habilement Steven Spielberg justement, avec un certain E.T. l’extra-terrestre qui l’imposa définitivement comme un « auteur populaire », mais surtout un grand cinéaste et un créateur. Spielberg créait au cinéma, qu’on apprécie son oeuvre un peu ou à la folie, il y a une sorte de génie derrière qui s’est parfois effacé mais aura tout de même donné quelques uns des films majeurs du cinéma américain, pour le dernier quart du XXème siècle. Rendre hommage à un tel créateur d’image n’est pas une mauvaise idée, il y a même quelque chose de follement excitant là-dedans. Sauf que derrière l’hommage, évident voire lourdingue, J.J. Abrams ne crée rien. Il applique à une oeuvre de 2011 les recettes de l’entertainment des années 80, mais ne va pas beaucoup plus loin que ça. Et à trop vouloir brosser dans le sens du poil les trentenaires d’aujourd’hui, à chercher par tous les moyens à titiller leur fibre nostalgique et ne faire reposer l’émotion de Super 8 que sur cela, il finit par se perdre.

Reste que Super 8 nous touche, nous les trentenaires ayant grandi avec ce cinéma. On y croise beaucoup de E.T. l’extra-terrestre évidemment, ainsi que du Rencontres du troisième type, sans surprise. On pense beaucoup aux Goonies également, à tel point que s’il n’y avait pas la marque deJurassic Park (l’attaque du T-rex est clairement mentionnée) on pourrait vraiment croire le film échappé des années 80 qu’il illustre à merveille par ailleurs. J.J. Abrams cite encore et encore, tant qu’il peut, jusqu’à effacer toute identité de son film. Et ce « formatage » toujours intelligemment utilisé par Spielberg, qui a toujours déguisé son propos derrière une forme très grand public sans renier son identité d’auteur et de formaliste, élimine un peu plus la personnalité du metteur en scène ici, qui ne finit par exister que par son utilisation grotesque des lense flares1 artificiels et bleus. Pourtant le bonhomme est loin d’être un incapable et il suffit de voir la scène du train qui éclate à peu près tous les films catastrophes récents de par son réalisme et sa puissance cinématographique. C’est dans l’intime, essentiel, qu’il rate le coche.Abrams parvient à faire plus niais que certaines productions Amblin dans son message, avec une morale facile du type « la drogue c’est mal » et peine à trouver l’émotion vraie. Chose qui s’oublie pourtant le temps d’une séquence finale magistrale qui retrouve enfin la vraie puissance du cinéma de Steven Spielberg dans ses meilleurs jours, une beauté toute simple, des sentiments concrets, et une émotion qui submerge le spectateur. Dommage que cette force ne fasse que parcourir Super 8 de façon sporadique, mais il reste un film tout à fait recommandable même si coincé dans son hommage aux années 80 et se refusant à la création."

 

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