Stone Roses

 

The Stone Roses, le retour des héros.

C’était dans l’air depuis quelques temps, c’est désormais officiel depuis le 18 octobre
dernier : le groupe phare de la scène rock de Manchester rechausse les crampons. Oui, les Stone
Roses sont de retour.

Le rêve devient donc réalité (c’est Mounfield en personne qui le dit); quinze ans que les fans
baignés dans des rumeurs dont la fiabilité aussi sûre que le sevrage du leader n’aura
finalement eu pour but que d’aigrir la saveur de l’attente, attendaient un signe.
Quinze années après avoir déposé les armes, Brown, Squire, Mani et Reni repartent au front
tout sourire, parés et au premier abord, très excités. Et on ne peut que les comprendre.
En effet, séparés depuis 1996 aussi bien Squire que Brown n’ont cessé d’envoyer des
signaux de détresse, reprenant tant bien que mal les chansons qui les ont propulsés à la tête
des charts des années plus tôt. Une détresse que le premier, s’essayant au chant, n’arrivera
jamais à cacher (pas plus que quelqu’un ne lui viendra en peine). Saccageant autant qu’il
peut, sans vergogne, les plus belles de ses compositions remontant à l’ère Roses. A noter
deux albums, quand même.
Pour son compagnon, le commandant Brown, un succès moins mitigé. Les reprises sont
moins fréquentes (tout autant que la justesse dans le chant) et puis pas chômeur pour un sous,
le lad a sorti une série d’albums studios (six au total, dont quatre certifiés or) dans lesquels le
meilleur côtoie souvent le pire.
Quatre petits lads de la banlieue de Manchester (c'est l'histoire qui le veut), aux caractères si
forts qui courent derrière un bâton au bout duquel des centaines de milliers de livres sterling
sont suspendues, et personne n’intervient, c'est donc ça le rock ?
Il va de soi que, depuis, un mot reste pendu sur toutes les lèvres, un mot tabou. D’autant plus
qu’il s’agit de musique ici. On parle finance, on parle business, les chiffres affluent.
En jetant un rapide coup d’œil dans le rétroviseur, on ne peut s’empêcher d’esquisser un petit
sourire. C'est vrai, les Roses ressortent du procès qui les oppose au démoniaque Gareth
Evans, une main devant, une main derrière, et tout dégringole. Les ex-idoles dans l'ambiance
délétère instaurée par cette confrontation se crêpent le chignon, se lancent dans des carrières
solos peu convaincantes, ratent leur rendez-vous avec la gloire courent après le cachet comme
des jazzmen new-yorkais.
Et puis voilà, comme dans les contes de fées tout rentre dans l'ordre, Mani dit qu'il reparle à
Ian, Ian confirme et de là trois dates sont annoncées à Heaton Park (Manchester, mais n'allez
pas réservez vos billets d'avion, c'est complet). Une tournée emboîtera le pas à ces concerts
qui s'annoncent déjà historiques.
Les nombreux esprits malveillants et autres disciples de l'avis-sur-tout s'esclaffent : tant de
vacarme pour ce groupe, est-ce bien raisonnable finalement ? Le fan, lui-même, voulant
répondre par la positive, se confrontera à son expérience des come backs, mais les quelques
220 000 places que des chanceux (et un bon paquet de apprentis businessmen) se sont
arrachés en 45 minutes, générant un possible chèque de 10 000 000 de livres qui ira se loger
dans les poches de nos 4 heureux quasi-cinquantenaires, n'aident pas à répondre par la
négative. Cette argumentation a ses limites, bien entendu.

Souhaitons-leur tout le bonheur du monde, en espérant que les erreurs qui semblent si propre
à la majorité des groupes reformés ne soient pas répétées. Ne parions pas trop là-dessus, vous
savez avec ce retour des zéros, sur les comptes en banque…

Brighton.

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